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jeudi 30 septembre 2010

D comme Debois


Ash 1/2 : Anguis Seductor Hominum de François Debois (scénario) et Krystel (dessin et couleur), Soleil 2010.

Une couverture sombre dans les tons bruns tendant au vieux rose, représentant une jeune fille au visage de poupée asiatique... dentelles aux manches, croix autour du cou, cheveux bruns et peau pâle... et des yeux rouges. En première et dernière page, la jeune fille en noir et blanc, l'air farouche.

L'histoire commence avec Faust, un jeune et riche gentleman. Avec l'aide d'un moinillon et d'un robot, il retrouve un sanctuaire et en libère l'otage : Ash, une jeune fille qui aurait dormi là pendant des siècles, enfermée par l'Eglise. Ash : Anguis Seductor Hominum, "le serpent corrupteur des hommes"... elle ne sait plus vraiment qui elle est ni ce qu'elle a fait. Faust l'a libérée pour se servir d'elle : selon lui elle détiendrait le secret de l'éternité. Mais Ash va lui échapper et va d'abord trouver une bande de petits bandits qui deviendront ses amis et la feront placer comme servante dans un pensionnat de jeunes filles. Là Ash va découvrir ses pouvoirs et gagner petit à petit la confiance des pensionnaires. Grâce à tous ses amis, elle poursuit la quête de son identité...

Une belle BD dont j'attendrais impatiemment la suite. Les personnages nous rappellent les "ball joined doll" asiatiques, avec de grands yeux (ici.) Un dessins net et des couleurs flamboyantes (belles nuances de bleus, chevelure rouge...) Une histoire fantastique comme on les aime, mystérieuse et alléchante à souhait avec un peu de sang, un peu d'érotisme et un peu de religion. 48 pages délicieuses et une fin de premier tome magistrale.

lundi 13 septembre 2010

B comme Brasey




Les Loups de la pleine lune : carnet retrouvé dans un manoir en ruine de Edouard Brasey, Le Pré aux clercs (2005)

Cette histoire commence par une note de notaire à un sous-préfet qui désire disposer du domaine de Mortemare. Le notaire précise à son destinataire qu'il lui joint un dossier relatant des évènements étranges qui se seraient passés dans ce manoir; ce document compose l'histoire même de ce livre.
Il s'agit des mémoires de Raoul Folerrand, jeune viticulteur qui, se promenant puis s'égarant, tombe par hasard sur le domaine de Mortemare. Le lieu est peu accueillant. Cependant le jeune homme va rencontrer les trois uniques habitants des lieux : Joseph, un serviteur repoussant et muet, le baron, un être diminué et bougon et la baronne, à la beauté froide, irréelle et sans âge.
Raoul va se trouver piégé, malgré lui, dans une histoire rocambolesque où la lune et les loups semblent se lier pour tisser une toile de folie autour de leur victime. Une histoire en clair-obscur où personne n'est ce qu'il semble être.

Le livre est assez court et l'histoire est bien écrite. "On s'y croirait" pourrait-on dire, au bord de ce lac brumeux les soirs de pleine lune. Quelques croquis agrémentent l'histoire, sans nous montrer aucun des personnages, n'empiétant ainsi pas sur l'imaginaire du lecteur. Un livre plein de surprises où l'on ne fait que pressentir le danger mais où l'on se retrouve nez à nez avec lui au détour de la page.


samedi 16 mai 2009

Le Chemin des sortilèges

Le Chemin des sortilèges de Nathalie Rheims aux éditions Léo Sheer.

Encore un livre assez court. Et comme toujours, Nathalie Rheims y excelle en matière de mystère.

Le personnage principal, une femme, nous raconte au temps présent la semaine qu'elle passe en compagnie d'un père qui ne l'a jamais reconnue comme sa fille. De mystère en mystère, la jeune femme se psychanalyse, remontant dans son enfance, passant des souvenirs d'un père affecteux mais effacé à ceux qu'elle a du couple étrange que formaient ses parents. De contes de fées en cauchemar, rencontrant en songe les personnes disparues, et celles jamais nées, elle finira par recouvrer la mémoire d'un traumatisme et sera enfin libérée de ses démons.

Un livre simple et rapidement lu, dans lequel on devine des renvois profonds aux contes de fées. Un roman à l'atmosphère étrange, se rapprochant beaucoup de celle de L'Ombre des autres. Avec les éternels motifs chers à Nathalie Rheims : revenants, disparus et la figure pâle d'un père affectueux que la vie a trop éloigné.

mercredi 22 avril 2009

Le Vampire de Ropraz

Le Vampire de Ropraz de Jacques Chessex chez Grasset

En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au cœur de l'hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu'on a surpris à l'étable. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915.

Ce livre, relativement court, part d'un fait réel. On y trouve une ambiance plus dans le genre policière que réellement fantastique, si ce n'est la peur des habitants face à cette menace, à cette soif de sang si hors-normes. Cet ouvrage n'est pas un indispensable mais donne aux passionnés de vampires, une autre vision du mythe à la fois plus cruelle là où Dracula a quelque chose de romantique et à la fois plus réelle et donc effrayante.

mardi 17 juin 2008

Top Livres ? Aux places 8 à 10...

Il est difficile de donner un top 10 de mes livres préférés... et encore plus difficile de leur donner un ordre; c'est selon le moment.



Les Chroniques de Narnia de Lewis
Le Seigneur des anneaux de Tolkien
L'Ombre des autres de Nathalie Rheims


Narnia donc. Parce que de la fantasy, simple à lire, un monde sympathique et finalement proche de Tolkien.

Le Seigneur des anneaux. Chef-d'oeuvre. Magnifique... bien que la traduction française laisse à désirer je trouve; il faudra d'ailleurs que je me procure la version de chez Bourgois, celle de chez France Loisirs étant encore plus imparfaite! Donc, les elfes, les orcs, un passé révolu, une certaine mélancolie... Pour moi représentatif d'un automne éternel, quelque chose qui me touche. Evidemment j'ai découvert cette oeuvre par les films de Peter Jackson (merci Emilie encore une fois!!!)

Quant à L'Ombre des autres, peut-être moins connu... et bien donc influence/amie de Mylène Farmer, je me suis intéressée à Nathalie Rheims. Ce livre (qui va sortir en film) est pour moi l'un des meilleurs pour ce qui est du suspens. Entre intrigue autour d'une société secrète et apparition de fantôme, on nage dans un univers étrange.

jeudi 27 mars 2008

L'Auberge du bout du monde

L'Auberge du bout du monde de Patrick Prugne et Tiburce Oger chez Casterman (mon édition : l'intégrale, chez France Loisirs)

L'écrivain Saint Preux est en voyage, en quête d'un lieu calme où il pourrait retrouver son inspiration fuyante. Il s'arrête dans une petite auberge sur la côte Bretonne. Il va y rencontrer de drôles de petites créatures. L'aubergiste, souffrant, va alors lui conter une histoire incroyable.

Soixante ans auparavant, une jeune fille et un jeune homme traînent sur la côte, toujours ensemble. Et puis, un jour la fille rentre avec sa mère par un passage dans les rochers. Elles sont attaquées, la mère sera retrouvée morte, la fille aura disparue.
Le temps passe P'tit Yann n'oublie pas son Iréna mais s'engage dans la marine. Le père d'Iréna survit tant bien que mal à ce drame. Iréna réapparaît, 10 ans après. Mais elle n'est plus tout à fait la même : étranges pouvoirs de guérison, elle ne parle pas. Une épidémie étrange va frapper le village et seule Iréna pourra le sauver...

Très bonne BD bien que le format de cette édition intégrale fait que l'écriture est assez petite et donc le confort de lecture pas au plus haut niveau. Les dessins et les couleurs s'accordent parfaitement à l'atmosphère de l'histoire. J'aime beaucoup d'ailleurs cette histoire où le fantastique et l'incroyable font irruption dans le réel, par petite touche. Album qui devrait plaire à tous les mordus de Bretagne, de légendes celtiques et autres mystères de sorcellerie.

mercredi 19 mars 2008

Le Treizième conte

Le Treizième conte de Diane Setterfield chez Plon (mon édition: France Loisirs)

Une histoire de fantôme, de jumelles, de manoir...
C'est l'histoire d'une jeune femme qui partage son temps entre la librairie de livres anciens de son père et l'écriture de biographies. C'est l'histoire de cette jeune femme, que la découverte d'un secret de famille a éloigné de sa mère. Margaret Léa.

Un jour, elle reçoit une lettre étrange de la part d'une femme tout aussi étrange, Vida Winter. Mais Vida Winter n'est pas n'importe qui, elle est l'auteur de best-sellers, connue et adorée de beaucoup. D'ailleurs, toutes personnes l'ayant interrogée sur sa vie et son passé se sont heurtées à des histoires abracabrantesques et surtout différentes à chaque fois.
Margaret va accepter la demande de l'auteur : mettre par écrit sa vie, son véritable passé ; elle va l'écouter pendant de longs mois ; elle va enquêter sur ce passé étrange. Elles finiront par se vouer une réelle affection. La vieille dame lui révèlera, par un courrier à ouvrir après sa mort, le treizième conte, titre éponyme d'un étrange recueil de douze nouvelles. Et finalement, la vraie vie de Vida Winter était aussi passionnante et fantasque que peuvent l'être ses romans.


Note positive pour ce livre à mi-chemin entre le fantastique et le roman d'investigation. L'essence de ce roman tient dans le défi de Margaret à écouter et retranscrire la vie de Vida doublé de sa quête personnelle : rencontrer sa jumelle (siamoise), morte à leur naissance.

jeudi 7 février 2008

Mélancolie verte



Petite création perso tant pour le texte que l'image (éléments pris sur le net)

samedi 29 décembre 2007

L'étranger de l'hiver

Tu te demandais, quelle sorte de créature ce froid annonçait.
Tu n’aimes pas ce manteau blanc de janvier
Mais tu offres ton visage au froid mordant du vent.
Tu penses à cette créature, cet être, peut-être pas vraiment humain.

Tu te demandais, quelle sorte de créature ce froid annonçait.
Dans le blanc et le gris tu laisses ton esprit s’évader.
Cet hiver est comme ta vie, immense, froid et infini
Mais tu lui offre ton corps, pour tout effacer, tout oublier.

Tu t’imaginais, quelle sorte de créature ce froid annonçait
Et tu t’imaginais, ce que le froid allait apporter.

Et puis, un mardi, en hiver, dans ce même froid, tu le croiseras.
Ce sera un étranger, mais pas comme tous ces étrangers.
Ce sera un étranger, un exilé de sa terre, un oublié de la vie
Et tu le croiseras, et tu sauras le nom de l’étranger de l’hiver.

Tu sauras sa vie et sa douleur
Il saura tes peines et tes regrets
Et il saura ton désert et ta vie.

Et toi, la fille de l’automne
Sœur du vent et de la pluie
Toi, tu aimeras cet étranger de l’hiver
Maître de la nuit, fils du froid

Et lui, l’étranger de l’hiver
Dont le destin est lié aux étoiles
Lui, il t’aimera.

Alors l’étranger de l’hiver
T’enveloppera, étrangère du jour
Et dans ses habits noirs
Laissera vous engloutir le froid.

vendredi 21 décembre 2007

Nathalie Rheims

« Souvent, près de toi, je restais silencieuse pour n’avoir à te poser cette question qui desséchait les miennes, persuadées que ce non-dit était peut-être le nœud de notre indestructible lien. »

« Qui es-tu.
Inconnue, étrangère
Présence, absence dans le même instant
Sous quels traits t’incarnes-tu
Ceux d’une blonde aux longs cheveux
Au regard dur et froid
Dans une brune
Aux lèvres rouges et au corps alangui
Sous la rousse chevelure d’une madone
Au visage parfait
Ne laissant place qu’au marbre
Et à la terre
Qui sur nous se refermera »

« Je nous revois tous ensemble, riant dans un halo, lumière claire de l’insouciance, étrangers à la lame de fond qui allait implacablement emporter nos amours les plus proches, métronome aveugle, indifférent à la douceur des jours, je voudrais tant que revienne la tendre lueur de ces instants heureux. Subsister, survivre, surmonter les chagrins et les deuils, se laissant flotter sur la fuite du temps, ne plus penser, ne plus rêver, laisser le monde s’accomplir. »

Les Fleurs du silence



J'aime assez ce qu'elle écrit. Je l'ai découverte en lisant L'Ombre des Autres, titre farmérien au possible... et d'ailleurs Mylène Farmer va tenir le rôle principal dans l'adaptation cinématographique de ce livre...

lundi 17 décembre 2007

Promenade

Petit texte inspiré justement par la Rançon des ténèbres et comportant des extraits de L'eau et le ciel la chanson de RoBERT (album: Celle qui tue)



Chemin qui serpente. Elle est assise. Elle semble attendre, la tête penchée, perdue dans ses pensées ; celles d’une autre vie. Le chemin est envahi par les herbes. Ses pas n’ont laissé aucune trace. Depuis combien de temps est-elle là ? Promeneuse du dimanche ? Fugueuse d’un amour blessé ? Sa peau est grise. Quel cœur a brûlé ses ailes ? Immobile. Assise sur la pierre. Au soleil avec les lézards. Dans la lourdeur de cet après-midi d’été, où un orage se prépare. Chaleur étouffante ; elle serait mieux à l’ombre sur une terrasse avec ses amis.
Une mélopée s’élève. Elle chante.

L’eau et le ciel, je m’y promène
J’y danse même, oiseau sirène…

Un portail grince. Un homme s’approche. Sombre comme une ombre qui bientôt l’enveloppera. Face à elle, il la contemple. Immobilité éternelle. Une larme s’échappe, perdu dans ses pensées ; celles d’instants meilleurs. Ses pas ont écrasés l’herbe du sentier. Visite à son amour perdu. Un cœur aux ailes brûlées. D’un revers de sa main il enlève les feuilles mortes. Ses paroles sont douces. Il dépose des fleurs à ses pieds. Et un poignard maculé. Elles faneront si le gel ne les condamne pas. Vent vif et froid qui glace les larmes. La statue de pierre ne lui répondra pas.
En partant il fredonne.

Pardonne moi pour cet adieu
De ta fenêtre la nuit tu peux, me voir un peu…