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mardi 29 mars 2011

L comme Lasky


Les Gardiens de Ga'hoole - T.1 L'enlèvement de Kathryn Lasky aux éditions Pocket jeunesse



Une fan de chouettes et de hiboux comme moi pouvait-elle passer à côté de ça?

Le Royaume de Ga'hoole : La Légende des gardiens est un film d'animation sorti au cinéma le 27 octobre dernier. Je l'ai vu récemment en DVD et il m'a bien plus. Allô ciné le donne comme étant un Seigneurs des anneaux pour les enfants ce qui du point de vue de la qualité du film n'est pas faux. Mais l'histoire est bien plus simple. Bref, sur cette impulsion je me décide donc à lire les livres.
En livre il s'agit en fait d'une série de 15 tomes (!!) que j'ai découvert bien avant l'adaptation en film... mais devoir lire 15 tomes, même en poche, il faut l'envie de se lancer et le temps de le faire. Je me lance donc dans l'aventure et clôture ma lecture en une semaine. Et là c'est le soulagement : enfin un livre jeunesse que l'on peut lire sans sentir que l'on nous fait une leçon de morale ! Je trouve que ça devient rare et c'est souvent pour ça que je n'aime pas les ouvrages de jeunesse de ce genre.

L'histoire (qui diffère un peu dans le film où ils ont réunis les 15 tomes - toute l'histoire donc - sur 90 minutes) est celle de Soren, une jeune chouette effraie mâle qui, un jour, est poussé du nid par son frère aîné. Une fois au sol, il peut être la proie de nombreux dangers mais il lui arrive une chose à laquelle il ne s'attendait pas : il est enlevé et emmené dans une sorte de pensionnat rude et froid, Saint-Aegolius. Là on fait croire aux jeunes chouettes de toutes races qu'elles sont désormais orphelines et qu'elle doivent travailler pour leur nouvelle famille, la pension. Soren va rencontrer Gylfie, une adorable chevêchette elfe. Après quelques mois à Saint Aegolius et quelques mésaventures, ils réussiront à s'enfuir et rencontreront deux autres chouettes victimes de Saint-Aego, Perce-Neige et Spéléon avec qui ils entameront le grand voyage vers le Grand Arbre de Ga'hoole, résidence légendaire des non moins légendaires gardiens dont les histoires ont bercés les enfances de Soren et de Gylfie.

Une belle histoire avec des personnages que l'on a assez peu l'habitude de voir, une série longue mais qui se lit vraiment bien, même pour les adultes. Une jolie collection aussi, avec de beau dessin en couverture. Je passe donc au tome 2! Et si vous avez aimé le film, vous recommande les livres.



samedi 18 décembre 2010

Les Magiciens

Les Magiciens de Lev Grossman aux éditions L'Atalante.

Il y a peu de temps, j'ai participé à une formation sur la littérature de Fantasy. Bien que je n'ai pas eu le temps de lire toute la liste proposée pour cette formation (inscrite tardivement, j'ai eu la liste tardivement), je me suis efforcée de piocher dedans.
Côté jeunesse j'ai donc lu La Quête d'Ewilan : D'un monde à l'autre, premier tome d'une longue série de Pierre Bottero. Je n'ai pas aimé; peut-être trop jeune pour moi... vite lu mais pas accroché. Par contre la liste adulte m'a paru plus alléchante. 

Je me suis donc plongée dans l'ouvrage de Lev Grossman, Les Magiciens. C'est un livre que j'avais déjà repéré en librairie à sa sortie. Parce que les couvertures de l'Atalante sont belles et m'attirent; ici, un groupe de beaux adolescents, l'air "cool", en chemise-jean et sac au dos, des sorts magiques au bout des doigts. Le décor qui les englobe est le cadran d'une grosse horloge un peu particulière, aux multiples aiguilles.

Certaines des collègues présentes à la formation n'ont pas aimé ce livre, expliquant qu'il ne s'y passe rien, que les protagonistes ne font que boire et faire l'amour. Je ne dirais pas ça.
L'histoire?

Quentin, Q, un adolescent à l'intelligence au-dessus de la moyenne, mais quelque peu solitaire et asocial, se défini lui-même comme un nerd. Il vient d'une famille modeste et banale, vivant à Brooklyn et fréquente les autres "grosses têtes" de son école. Mais Quentin rêve d'ailleurs et de magie. La magie, il en fait un peu : quelques tours de passe passe et de cartes; il est même très habile pour ce genre d'exercice. L'ailleurs il le trouve dans une série de romans qu'il lit depuis tout petit et qu'il connaît par cœur : Les Chroniques de Fillory.
Quentin s'apprête à passer un entretien pour une prestigieuse école mais lorsqu'il arrive chez le vieux recruteur, celui-ci est mort. Une drôle d'infirmière lui donne une enveloppe. Lorsque dehors il l'ouvre, il découvre un dernier volume des Chroniques de Fillory, une suite non parue. Mais il y trouve aussi un papier qui s'envole avant d'avoir pu le lire. Quentin lui court après et tel Lucie Pevensie qui passe dans l'Armoire et se retrouve à Narnia, Quentin se retrouve par enchantement sur le domaine d'une école de magie. Sa vie bascule alors et il va découvrir un monde caché au sein du notre, cet ailleurs dont il a toujours rêvé. Il sera admis à Brakebills, l'école de magie; il y passe un certain temps, subit quelques rudes et moins rudes épreuves, se lie d'amitié et d'amour avant de découvrir que Fillory, son pays tant espéré existe bel et bien. Avec ses nouveaux amis magiciens il vivra balancé entre les deux mondes avant de vivre une sombre aventure et d'atteindre son rêve d'ailleurs.

Ce qui caractérise Quentin, et peut-être un peu certains de ces camarades, c'est son désenchantement : il va d'espérance en désillusion, blasé, jamais heureux de son sort mais courant sans cesse après un bonheur dont il ignore exactement ce qu'il est. Si à chaque découverte (le manuscrit donné par l'infirmière, Brakebills et la magie, Fillory, etc.) il commence par être euphorique, son émerveillement fait rapidement place à une déception sans limite; il ne trouve pas sa place en quelque monde que ce soit et semble attendre un miracle, quelque chose de transcendant qui ne vient pas. En substance, il ne se passe effectivement pas grand chose sur une bonne partie de l'ouvrage. Le lecteur commence à raisonner un peu comme le personnage : la magie, et alors? Des monstres, et alors? Je me suis sentie prise par l'intime du personnage, dans son désenchantement incessant, le voyant s'enfoncer dans le marasme gris et banal du quotidien, un peu plus à chaque déception. Pour  qu'enfin, au bout de quelques mois, une rédemption, il semble enfin trouver sa place.

J'ai vu dans cet ouvrage une vision originale du monde. L'auteur semble nous dire que malgré les déceptions, si l'on s'accroche à nos rêves, à cette part d'enfance et si on travaille suffisamment pour ça, même en croyant être au plus bas et avoir perdus ces rêves, ils finissent par se réaliser. Ce livre couleur d'ennui est comme un message d'espoir; la lumière, la couleur y surgit au tout derniers instants, alors que l'on s'attend à une nouvelle catastrophe.
C'est aussi un livre avec de l'humour et de nombreuses références à la littérature de Fantasy (Narnia, Harry Potter, etc.)

Pour conclure, je vous invite à visiter les sites internet de l'auteur : celui de l'école de magie de Brakebills et celui de Christopher Plover, l'auteur des Chroniques de Fillory... Quentin vous dirait "dommage que cette école et ces livres ne soient que virtuels"... mais qui sait ?

jeudi 11 mars 2010

Alice au Pays des Merveilles

Alice au Pays des Merveilles d'après l'oeuvre de Lewis Carroll aux éditions Glénat;
adaptation de David Chauvel, dessin et couleur de Xavier Collette.


Surfant sur la vague de l'adaptation d'Alice au Pays des Merveilles par Tim Burton qui sort le 24 mars prochain au cinéma, cette BD est un petit bijou. L'histoire en elle-même est celle écrite par Lewis Carroll, et l'adaptation au format de la BD reflète toute la folie de l'œuvre.

L'objet en lui-même est magnifique; c'est ce qui m'a tout d'abord attiré sur le rayon de la librairie; son prix (15 euros un si bel ouvrage) reste égal au prix d'une BD. Un grand format sombre, dans les tons de verts et au centre, un halo de lumière jaune-orangé où l'on voit Alice tomber. Avec elle, une montre, des cartes à jouer et autour d'elle des horloges et miroirs. Le titre, au bas de la page, possède une typographie particulière et le A de Alice comporte le visage du Cheschire Cat.
Le dos de l'ouvrage est un médaillon composé de plusieurs écrans de montres, du visage du chat et de celui du chapelier. Au centre du médaillon, Alice à nouveau.

L'intérieur de la jaquette comporte la biographie succincte de Lewis Carroll et les médaillons des portraits dessinés des deux auteurs-adaptateurs. Enfin, sous la jaquette un petit trésor : un inquiétant Cheschire Cat, yeux rieurs et sourire aux dents acérées.

Le reste de la BD est dans ces tons verts sombres de la couverture. A découvrir par soi-même donc je ne vous en dit pas plus !

dimanche 18 octobre 2009

Boutique Fées Divers!

Petit rappel : vous pouvez commander Fées Divers sur Ciel Rouge.
Mais ils ont également ouvert une boutique en ligne sur leur propre site!!

vendredi 21 novembre 2008

Royaume magique à vendre !

Royaume magique à vendre ! de Terry Brooks chez J'ai lu - fantasy

Ben Holiday est avocat. L’un des meilleurs. Mais sa vie l’ennui profondément : le système judiciaire de son pays n’est plus à la hauteur de ses espérances, ne correspond plus à ses idéaux. Pourtant, depuis la mort de sa femme Annie, deux ans auparavant, Ben s’est plongé dans le travail, pour oublier la douleur de cette perte. En vain, le souvenir est trop tenace.
Alors, quand il trouve une annonce, dans un luxueux et renommé catalogue, d’un royaume magique à vendre, il est troublé. En effet, difficile de croire à ce genre de chose ; mais Ben veut y croire et il se décide à troquer un million de dollars contre ce que son collègue et seul ami se borne à appeler une supercherie.

Une fois le royaume acheté et Ben dans la place, tous les éléments de conte de fée promis par l’annonce sont bien là : demoiselles, dragon, sorcière, créatures de toutes sortes. C’est pourtant d’un royaume en déperdition qu’a acquis l’avocat et le seul moyen de lui redonner son prestige est d’en devenir le roi. Plus facile à dire qu’à faire car Ben est un roi sans cours, sans armée, non reconnu par ses sujets, avec pour seul équipage, deux kobolds, un humain transformé en chien et un magicien débutant et maladroit. Commence alors une quête d’apprentissage et de courage où Ben devra demander l’allégeance de chaque peuple de créatures et démontrer sa légitimité au trône. Sans oublier que le temps lui est compté : les démons convoitent la place…

Encore une œuvre de fantasy en plusieurs tomes. Ce premier livre se lit cependant assez bien tout seul, et malgré une fin tout à fait correcte, on sent bien que l’auteur n’en a pas fini avec son héros.
Ce Ben est un gars qui m’est sympathique : il est avocat, donc bien ancré dans la réalité de nos quotidiens mornes et complexes et pourtant il n’hésite pas beaucoup avant de tout plaquer pour croire à un rêve.
Petit à petit il va apprendre tout ce qu’il doit savoir sur le royaume et fait preuve d’intelligence et de réflexion. C’est d’ailleurs assez plaisant puisque l’écriture à la troisième personne ne nous permet pas de suivre ses pensées et bien que l’on connaisse les mêmes informations primordiales, on ne voit pas la solution aux différents problèmes qu’il rencontre : il y a donc une découverte totale de la suite des évènements, au fur et à mesure qu’ils se produisent et non un « on s’y attendait. »


Je pense qu’il n’est pas un mauvais ouvrage pour ceux qui veulent commencer à lire de l’imaginaire. Le début est ancré dans la réalité et la majeure partie des évènements qui se déroulent dans le royaume magique concerne des problèmes de roi tout à fait banals. Les éléments imaginaires (créatures, magie) sont traités de manière assez naturelle et non de façon appuyée et incroyable… cela reste quand même de la fantasy. Il n’y a évidemment que le passage d’un monde à l’autre qui peut être un peu dérangeant pour qui n’a pas l’habitude de ce genre de lecture : c’est un passage abrupt, l’on est dans une grotte et l’instant d’après, dans une prairie.

mardi 17 juin 2008

Top Livres ? Aux places 8 à 10...

Il est difficile de donner un top 10 de mes livres préférés... et encore plus difficile de leur donner un ordre; c'est selon le moment.



Les Chroniques de Narnia de Lewis
Le Seigneur des anneaux de Tolkien
L'Ombre des autres de Nathalie Rheims


Narnia donc. Parce que de la fantasy, simple à lire, un monde sympathique et finalement proche de Tolkien.

Le Seigneur des anneaux. Chef-d'oeuvre. Magnifique... bien que la traduction française laisse à désirer je trouve; il faudra d'ailleurs que je me procure la version de chez Bourgois, celle de chez France Loisirs étant encore plus imparfaite! Donc, les elfes, les orcs, un passé révolu, une certaine mélancolie... Pour moi représentatif d'un automne éternel, quelque chose qui me touche. Evidemment j'ai découvert cette oeuvre par les films de Peter Jackson (merci Emilie encore une fois!!!)

Quant à L'Ombre des autres, peut-être moins connu... et bien donc influence/amie de Mylène Farmer, je me suis intéressée à Nathalie Rheims. Ce livre (qui va sortir en film) est pour moi l'un des meilleurs pour ce qui est du suspens. Entre intrigue autour d'une société secrète et apparition de fantôme, on nage dans un univers étrange.

jeudi 12 juin 2008

Puff le dragon

Puff le dragon de Peter Yarrow et Lenny Lipton, illustrations de Eric Puybaret chez Gautier-Languereau.


livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com


Un petit dragon vert, qui joue dans le vent. Une amitié avec un enfant qui va grandir.

Cet album est assez étrange. Je ne le trouve ni vraiment bon ni vraiment mauvais. Le texte, adapté d'une chanson de 1963 - poème de Lenny Lipton, musique de Peter Yarrow, groupe Peter, Paul & Mary... et oui ça date un peu - le texte donc un peu répétitif, poétique et ça s'arrête là. Le garçon a grandi, le dragon est triste. Un peu vide, un peu plat. Pour ma part, cela sens trop la traduction... le texte en anglais aurait peut-être suffit.

Le dessin quant à lui est vraiment sympathique. Je me balladais en librairie cet après-midi et effectivement, les dessins d'Eric Puybaret m'attirent. Donc le dessin suit le texte de l'histoire. Il est simple et coloré. Mais il dépasse le récit : alors que celui-ci tourne en rond, l'illustration ouvre la perspective du texte. Le petit garçon a grandi, il ne va plus voir le dragon... mais il a eu une petite fille et c'est elle qui à son tour va le voir et jouer avec.

Enfin le livre en lui-même est un objet sympa. Ci-dessous en version anglaise (seul le titre change.)

La couverture a une matière assez lisse, les lettres du titre sont dorées et l'intérieur possède la qualité des beaux albums.
Finalement, seule la qualité de l'ouvrage le sauve car même le thème du dragon, qui aurait pu donner lieu à des feux d'artifices de magie, n'est finalement pas exploité. C'est un dragon qui vole... et voilà tout.

vendredi 6 juin 2008

BD et BD et encore BD

Gargouilles de Denis-Pierre Filippi et Etienne Jung chez Les Humanoïdes Associés (4 tomes)
Collection : Les 3 masques.
Les enquêtes de Goirïd & Leôdhas de Corbeyran et Laouer chez Delcourt (3 tomes)
Collection : Terres de Légendes.
Pas plus tard que cet après-midi je me faisais la même réflexion dans le fond, qu'un des lecteurs de la bibliothèque : "A défaut de temps pour lire, lisons de la BD" Car c'est vrai que c'est un genre assez vite lu.
Donc ces temps-ci j'ai lu un peu de BD. A commencer par les 4 tomes de Gargouilles. Pour résumer, Grégoire vient de déménager et sous le plancher de sa nouvelle chambre il va trouver une amulette un peu spéciale : elle va lui permettre de voyager dans le temps et de devenir mage. Alors entre les différentes époques qu'il traverse et la lutte qu'il mène contre sa tante (magie blanche contre magie noire), Grégoire va croiser toutes sortes de créatures.
Une BD bien sympathique, notamment pour les jeunes qui aiment la fantasy.
Autre BD, en trois tomes et que je viens de terminer : Les enquêtes de Goïrid et Leôdhas. Dans le genre fantasy déjantée qui se moque (si peu!) gentiment de Tolkien. C'est l'histoire de Leôdhas, elfe blanc (moi je le vois vert!), shouté complet et de son acolyte, un "hibbot" (comment ça hobbit? non non hibbot) qui se la joue Dr. Watson, Goirïd de son nom. Et bien ces deux là devront réparer l'erreur de deux pauvres stagiaires, à savoir sauver le monde du "Fléau majeur", une immonde créature du nom de Quaalude (barbare!) Au sommaire: nains teigneux (ouh c'est teigneux un nain! dirait Chevallier), Gobelins affreux, femmes à forte poitrine et elfe noire dans le genre rebel. Et puis, jeux de mots à chaque page, dans les dialogues ou le décor (Formule nain, moteur hors-mort, etc.) L'intrigue est originale, l'image sympathique, les couleurs vives et le tout assez amusant. Un bon moment.

mercredi 14 mai 2008

Rêveries de fées

Rêveries de fées (Tome 1) de Sandrine Gestin éditions Au Bord Des Continents

C'est une belle jeune femme, aussi discrète et réservée que ses dessins sont beaux. Ils s'en dégage une douceur et un monde particulier : celui des fées et des anges où la Nature est reine. Son travail, tant les originaux à l'huile, au crayon ou à l'aquarelle, a une résonance. Il se dégage de ses tableaux (à voir "en original") une lumière qui vous aspire tantôt dans un sous-bois aux airs celtiques, tantôt à côté d'êtres mutins et fantastiques, tantôt encore dans de belles demeures de pierre où se jouent des destins Moyenâgeux. Bref son oeuvre est magnifique.

J'ai préféré ce livre au précédent. La plume poétique de l'auteur est beaucoup plus belle sous cette forme de rêveries, comme des prières, des poèmes, plutôt que sous la forme d'histoires narrées. Et les illustrations toujours aussi superbes. Le livre en lui-même, comme toujours chez cet éditeur, ne déçoit pas : il est soigné. Couleurs propres, reliure impeccable (ni odeur de colle, ni décollage des pages, pas de craquements intempestifs, de pages mal découpées), nombre de page conséquent... Un petit bijou à ranger dans la catégorie beau-livre. Alors, encore une fois, on leur pardonnera le prix.

lundi 3 mars 2008

Le Bois des Vierges

e Bois des vierges de Jean Dufaux et de Béatrice Tillier (Tome 1) aux éditions Robert Laffont

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com


Une drôle d'alliance. Une drôle d'histoire même...
Dans une époque moyenâgeuse, trois "races" cohabitent ou plutôt se font la guerre. D'un côté les Hommes, assez arrogants. Ensuite les Bêtes de Haute taille, conduitent par les Loups: marchant comme les hommes, montant à cheval, maniant l'épée... en tout points semblables si ce n'est "poils et peau". Enfin, les bêtes de basse taille, renards, belettes et autres, méprisées par beaucoup.

Aube est une jeune femme, et son mariage avec un seigneur loup doit être le symbole d'un pacte, une union entre les deux peuples. Mais pour Aube comme pour son frère, cette alliance ne peut faire naître qu'un monstre. En tuant son époux, elle rompt le voeu de paix. Elle trouvera refuge dans le Bois des vierges (où seules les vierges peuvent survivre) en laissant derrière elle la guerre qu'elle a déclenchée.

Les Bêtes de Haute taille tenteront de s'allier aux bêtes de basse taille afin de défaire les Hommes, trop bien armés. Les Hommes feront appel au père de Aube, banni pour la faute de sa fille et surtout à ses connaissances, tel Clam, le tueur de loup, pour défaire les troupes des bêtes, trop nombreuses...





Robert Laffont n'est pas un éditeur spécialiste de BD mais il faut avouer que cet ouvrage est d'une belle qualité.

Tout d'abord, je le trouve original : les Bêtes, bien que se comportant comme des hommes, restent des bêtes, elles gardent tout leur instinct de chasse, de sang, les liens qui les lient les unes aux autres... le dessin en lui-même fait ressentir que ces personnages, debout ou à cheval, en bel habit, ne sont que des loups, vivant en clan. Le parallèle entre hommes et bêtes est clairement appuyé et fait que les ressemblances témoignent de leurs différences.

Ensuite les couleurs. C'est ce que je trouve de plus réussi dans cet album, l'ambiance et la couleur: du vert de la couverture aux verts des ombres des chambres, du rouge envahissant des batailles et du feu, à la chaude atmosphère des chaumières, du gris et des marrons des fourrures aux blancs et gris de la neige, les coloris semblent se répondre, se faire échos et rythment les images.

Le seul petit bémol: la BD est un genre de lecture "rapide", à moins de s'attarder sur les cases, les pages défilent. Et le récit avance, rapidement. Trop pour cet opus: malgré ses 55 pages, l'on a l'impression que l'histoire a peu avancé... on en demande encore!

Ce qui finalement est plutôt bon signe.


D'après l'interview de Béatrice Tillier dans la revue [dBD] du mois de Mars, il doit y avoir trois tomes du Bois des Vierges... attendons donc la suite.

jeudi 28 février 2008

Angel Sanctuary

Angel Sanctuary de Kaori Yuki chez Tonkam (ils viennent d'en sortir une belle version collection!)


Ma découverte des mangas fut assez brutale. Parachutée en IUP avec quelques fanas du genre et dont, pour faire court, l'une d'elle m'a scotché Angel Sanctuary dans les mains.
Je n'ai pas lu beaucoup de série en entier et je n'y connais pas grand chose mais je pense que les connaisseurs diront qu'il n'y a pas plus tordu qu'Angel Sanctuary.

Je me suis donc plongée dans cette série de 20 tomes...


Tout commence par d'étranges disparitions. La distribution d'un jeu vidéo révolutionnaire qui augmente les absences sur les bancs de l'école n'y est pas étranger. Un frère et sa demi-soeur. Là où ça semble se compliquer c'est que Setsuna, le garçon, est amoureux de Sarah, sa soeur donc. Amour interdit mais partagé. La mère veut les séparer; ils vont s'enfuir. Là où ça se complique réellement c'est lorsqu'ils vont découvrir qu'ils sont l'un et l'autre les réincarnations d'anges jumeaux grâce à l'intervention de démons...


Pour vous aider à comprendre je crois qu'un lien wikipedia n'est pas de trop: http://fr.wikipedia.org/wiki/Angel_sanctuary




Donc l'histoire en elle-même est complexe. Le style, tout en longueurs (combien mettront-ils de tomes à comprendre ce qu'ils sont? Et à comprendre quels enjeux cela implique?) est assez complexe également. Et si vous n'êtes pas branché mystique ça devient de la torture: vous avez révisé votre hiérarchie des anges, archanges et autres créatures célestes et démoniaques? Des anges à moitié robot, un Dieu inexistant (?), des démons qui aident des anges, et une fin du monde.

Mon avis au final n'est ni positif, ni négatif, je ne sais simplement pas quoi en penser (et en plus, j'ai pas tout compris)... et je crois que plein de choses se verront après une deuxième lecture... d'ici quelques années.

lundi 7 janvier 2008

Harry Potter

Ah et bien! J'ai presque failli oublier de vous en parler!

Comme beaucoup de monde, voilà maintenant 10 ans, j'entendais parler d'un certain sorcier qui attirait les foules en librairie. Mais à l'époque je n'étais pas aussi mordue de livre... j'avais 13 ans et la vie c'était le collège... et le collège. Et puis, ma chère maman, qui aime les livres mais n'a jamais le temps d'en lire un seul, nous a offert, à mon frère et moi, les trois premier tomes, version poche (c'était donc quelques années plus tard puisque il y a bien un an entre la sortie d'un livre et sa sortie en poche.) Alors moi aussi je me suis laissée embarquer.

Histoire assez originale... si on n'a pas lu L'île des sorciers de Anthony Horrowitz... car lui n'a pas eu la notoriété et n'a pas fait le tapage d'un Harry Potter. Cette histoire en 2 tomes, antérieure à celle de J. K. Rowling lui ressemble fortement et est certainement aussi bonne (quoi que beaucoup plus courte) mais peut paraître médiocre, par le simple fait qu'elle n'a pas eu la même notoriété. Ce cher Horrowitz devait être en avance sur son temps.

Car en effet, je pense que si les aventures du jeune fou à lunettes ont fait un tabac, c'est à cause de "l'air du temps". Les premiers tomes sortent en 98, cette fin de siècle qui ne déroge pas à la règle et a fait naître, chez plusieurs générations, notamment littéraire et artistique, ce fameux Spleen à la Baudelaire. Et quoi de mieux pour y échapper que de se plonger dans un univers féerique? Féerique mais pas sans danger. De quoi s'évader en donnant des frissons. Et un goût de réalité très bien géré. Le début de l'histoire est somme toute banale: Harry est un petit garçon orphelin, recueilli par son oncle et sa tante, tout deux pas très sympathiques... l'histoire ne pouvait paraître plus réelle. Et puis tout à coup débarquent un semi-géant, un quai de gare invisible, une moto volante, etc. Et qu'est-ce qui attire les plus jeunes alors? Je ne sais pas trop mais Harry est quand même l'idole rêvée de nos cadets: un pauvre orphelin qui se révèle être un garçon exceptionnel, grand sorcier, bagarre de magie, supers copains... et pour nos ados, romance en vue. Goldorak et son monde impossible de robot peut retourner au vestiaire!

Je reconnais que je suis vraiment tombée dedans. A fond. Cependant je ne suis pas pleinement satisfaite de la tournure qu'a pu prendre l'histoire. Le fait qu'elle paraisse en plusieurs tomes fait certes que l'on évolue avec elle... le premier tome, explicitement pour les enfants (si si, relisez-le) et puis Harry grandit, l'histoire se fait plus longue, plus complexe (mon dieu cette histoire de retourneur de temps! Combien de personnes m'ont demandé de leur expliquer!) et plus sombre. Et l'on aurait pu présager une fin grandiose. Comme l'on dit dans certains milieux littéraires un peu dédaigneux, c'est du Disney. Je n'ai absolument rien contre les histoires de Disney, c'est une autre féerie... mais pourquoi (si vous n'avez pas lu le dernier tome, ne lisez pas la fin de l'article) pourquoi donc nous avoir donné une fin "et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants"!?? Le côté un peu trop angélique du héros ("c'est moi le gentil Potter et toi t'es le méchant Voldemort, et j'ai même pas peur") était pourtant bien balancé par l'ambiguïté d'autres personnages comme Black et sa folie, Rogue et son rôle d'espion ou encore les Malefoy, des méchants qui sont plus bêtes que méchants. Mais J. K. Rowling nous balance une fin un peu Chamallow... Rogue n'a pas une fin grandiose, il se fait juste attaquer par un serpent énorme et ne fuit pas parce qu'il est bloqué par la peur (Rogue avoir peur? C'est une blague?!) Evidemment Neville Longdubat rachète toute sa maladresse en tuant le serpent (Neville venge Rogue alors qu'il avait si peur de lui.) Et bien sûr, ce brave petit héros est sauvé (et puis, il sauve tout le monde) et aucun des trois personnages principaux ne meurent. Ron finit de manière très prévisible avec Hermione et Harry avec Ginny. Les très mauvaises langues pourront en faire un remake des Feux de l'amour! Et puis, le si terrible seigneur des ténèbres fini aussi bêtement? Et c'est quoi cette histoire de ternir l'image de Dumbledore qui aurait pu tenir un rôle bien reconnaissable en fantasy, celui du très vieux, très sage mais vulnérable mage? Il aurait pu être un Gandalf... je crois qu'à force de vouloir éviter des personnages manichéens, l'auteur en a trop fait.

J'ai l'air comme ça de taper énormément sur le dernier tome. Pourtant il est en soi pas mauvais, il tient en haleine et on ne peut pas s'arrêter avant de "savoir". Il est simplement terni par cette fin qui explique toute l'aventure sans réellement la clôturer et nous laisse sur notre faim. On en voudrait encore. Cela restera quand même une saga formidable soutenue si besoin est par des films assez différents les uns des autres mais au casting on ne peut plus extraordinaire.
Harry Potter, LA saga de la fin de siècle. Quand même.

dimanche 30 décembre 2007

Un Visage pour l'éternité

Un Visage pour l'éternité de C.S.Lewis aux éditions Le livre de poche


Un visage pour l'éternité reprend et transforme le mythe de Psyché. Je l'ai fini hier soir. Tentée par sa couverture et par le nom de l'auteur, ainsi que par les critiques au dos du livre, je pensais lire une fin grandiose. Mais justement, seule la fin est lourde.

Je trouve le procédé original. La reine d'une société médiévale "barbare", élevée par un esclave grec, nous conte l'histoire. C'est une femme laide mais tout à fait empreinte de ce que doit être une femme, qui sait comment se comporter selon son rang de femme. Elle a écrit ce livre, en le construisant comme un procès contre les Dieux: elle y retranscrit sa vie, l'arrivée de l'esclave grec (le Renard), celle de Psyché, sa prise de pouvoir, etc. L'histoire en elle-même je ne vous en dit rien. Mais la fin se veut un peu (beaucoup?) philosophique, se basant sur les idées de sagesse de Socrate: la fantasy et le mysticisme des visions de la reine en est étouffée, la fin tombe un peu à plat.

Note positive quand même pour cet ouvrage peu connu de l'auteur des Chroniques de Narnia, qui a eu l'idée sympathique du récit d'une femme laide, sans nous faire trop ressentir de pitié mais comme si elle était une femme banale.


A la fin du livre, on trouve ce commentaire intéressant:
"[...] Cette réinterprétation d'un mythe ancien a toujours cheminé dans l'esprit de son auteur depuis qu'il était jeune étudiant, prenant consistance et densité avec les années. Ainsi pourrait-on dire qu'il a travaillé à cette oeuvre la plus grande partie de sa vie. Récemment, la version définitive se présenta d'elle-même et les thèmes s'enchaînèrent tout à coup: l'évocation directe d'un royaume barbare, la psychologie d'une femme laide, et d'un double conflit: celui qui oppose entre eux une obscure idolâtrie et un pâle rationalisme, et celui qui les oppose tous deux à la vision; et un dernier thème: la dévastation qu'une vocation, ou même une foi, entraîne dans la vie humaine."

mardi 11 décembre 2007

Le blog de Mara

Et puisqu'on est dans le dessin, petit coup de coeur du moment, un blog trouvé par hasard sur le net. J'aime beaucoup ce que fait cette artiste.

http://www.sargas.net/mara/

John Howe

Comment peut-on être capable d'un tel génie dans la vision, dans le coup de crayon, si l'on n'est pas un survivant de l'ancien monde, du troisième âge ou un descendant des elfes, arrière arrière arrière arrière petit fils de nain?
Il en est ainsi, pour moi, de John Howe, qui, avec Alan Lee, ont illustré à merveille le Seigneur des Anneaux, à tel point que leurs dessins ont servis de base pour la conception graphique du film de Peter Jackson (lui-même, comme chacun le sait, étant un hobbit)

http://www.john-howe.com/

Je vous conseille tout particulièrement les livres crées en collaboration avec Madame Claude Clément: La Ville abandonnée et L'Homme qui allumait les étoiles... des chefs-d'oeuvre de poésie et d'évasion, aussi bien par la plume que par le crayon. Si vous voulez un bon aperçu, je vous conseille également le artbook aux éditions Nestiveqnen.