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mercredi 24 novembre 2010

G comme Gudule






Le Gondolier des ténèbres : et autres contes de la peur de Gudule, illustré par Xavier Collette aux éditions [MiC-MaC] (2010)


Ce recueil de contes m'a tout d'abord attiré par son éditeur que je suis de près et que j'aime énormément et par ses auteurs. L'écriture de Gudule, alias Anne Dugüel, m'est plutôt familière : je crois que son roman La Bibliothécaire (voir le premier article de ce blog) est l'un des tout premiers à m'avoir marquée. Puis vint L'Amour en chaussettes, magnifique... bref, un auteur de jeunesse (mais pas que) que j'aime assez. Ensuite, Xavier Collette, l'illustrateur, que j'ai découvert avec Alice au Pays des Merveilles... ses illustrations superbes aux couleurs profondes me font proprement rêver. Elles appuient magnifiquement les textes mais comme toujours, on voudrait en voir toujours plus !

Et enfin, ce qui m'a également attiré c'est le titre du livre qui reflète toute l'ombre des histoires qu'il contient. Attention cependant certaines des histoires ne sont pas pour les petits froussards. Les textes bien que relativement courts sont plutôt efficaces, on se laisse surprendre par leur fin parfois abrupte à l'image des contes originaux et non de ceux, remaniés et édulcorés, de nos enfances. L'objet livre en lui-même est un grand album sombre, très agréable à tenir et doux au toucher.

Un magnifique album et qui sait, un cadeau de Noël ?


jeudi 11 mars 2010

Alice au Pays des Merveilles

Alice au Pays des Merveilles d'après l'oeuvre de Lewis Carroll aux éditions Glénat;
adaptation de David Chauvel, dessin et couleur de Xavier Collette.


Surfant sur la vague de l'adaptation d'Alice au Pays des Merveilles par Tim Burton qui sort le 24 mars prochain au cinéma, cette BD est un petit bijou. L'histoire en elle-même est celle écrite par Lewis Carroll, et l'adaptation au format de la BD reflète toute la folie de l'œuvre.

L'objet en lui-même est magnifique; c'est ce qui m'a tout d'abord attiré sur le rayon de la librairie; son prix (15 euros un si bel ouvrage) reste égal au prix d'une BD. Un grand format sombre, dans les tons de verts et au centre, un halo de lumière jaune-orangé où l'on voit Alice tomber. Avec elle, une montre, des cartes à jouer et autour d'elle des horloges et miroirs. Le titre, au bas de la page, possède une typographie particulière et le A de Alice comporte le visage du Cheschire Cat.
Le dos de l'ouvrage est un médaillon composé de plusieurs écrans de montres, du visage du chat et de celui du chapelier. Au centre du médaillon, Alice à nouveau.

L'intérieur de la jaquette comporte la biographie succincte de Lewis Carroll et les médaillons des portraits dessinés des deux auteurs-adaptateurs. Enfin, sous la jaquette un petit trésor : un inquiétant Cheschire Cat, yeux rieurs et sourire aux dents acérées.

Le reste de la BD est dans ces tons verts sombres de la couverture. A découvrir par soi-même donc je ne vous en dit pas plus !

vendredi 18 septembre 2009

Fées Divers, la culture féerique

http://feesdivers.fr/

Fées Divers c'est une revue et un e-zine sur le folklore féerique et les contes. Parties d'une association, voici comment ces petites fées du web définissent leur mission :


"La mission que s’est imposée l’association Le Souffle d’Eole en 2004 –et qu’elle s’évertue à remplir depuis lors – est d’étudier le folklore féerique et le conte : une voie enchanteresse et terrifiante pour comprendre l’humanité. Ne cherchant pas à s’en détourner, encore moins à le fuir, nous expérimentons le monde par ce biais avec plus de vertige et de couleurs. Et parce que nous refusons la Féerie que l’on cherche à nous vendre, nous partageons le fruit de nos lectures assidues et de nos réflexions à travers des articles et des sélections multimédias et transgenres d’efforts contemporains aussi bien que de classiques du passé. Nous couvrons les sphères littéraire, musicale, cinématographique, événementielle, et artistique pour vous présenter des ouvrages que nous aimons, et les hommes et les femmes qui chérissent cette féerie et lui rendent hommage. « Vérité folklorique » est le rapprochement de mots qui nous guide. Nous voulons donner une vision dynamique et complète de la féerie, avec le sérieux dû au respect d’un folklore très ancien, mais aussi un art du contre-emploi et de l’humour qui se place dans la modernité."


Leur site internet (et donc e-zine) vient d'être entièrement refondu, dans un style graphique noir et blanc du plus bel effet. Au sommaire (très complet d'ailleurs), des critiques d'ouvrages, des interviews, des compte-rendu d'évènements, etc. Même un who's who pour découvrir au moins les prénoms et domaine de cette fine équipe.

Quant à la revue... "Parce que de cœurs collectionneurs, nous aimons le livre en tant qu’objet vecteur d’âme. Cette revue vous propose un best-of de ce que l’année écoulée a produit de meilleur, un dossier pointu sur une thématique folklorique, des interviews, des nouvelles et des poèmes d’auteurs étrangers peu traduits, mais aussi de jeunes promesses francophones. Fées Divers c’est une revue au format 16×22, d’environ 135 pages avec une couverture couleur, un intérieur n&b illustré de crayonnés qui sort à chaque printemps !"

Voilà qui a de quoi me mettre l'eau à la bouche! J'ai donc trouvé les 3 numéros sur le net (voir article suivant.) Comme je leur l'ai signalé dans un petit commentaire, en commandant ces trois premiers numéros de leur revue, je pensais recevoir un genre de fanzine, simplement agrafé, en noir et blanc sur papier-machine.
"Je ne les ai pas encore lues mais la qualité de l’objet présage déjà d’une bonne qualité de contenu. Moi qui avais été si triste de la disparition des éditions Oxymore, que je vénérais tant pour leur choix d’édition que pour la qualité de leurs collections (je n’aime pas, dans ma bibliothèque personnelle, avoir des collections trop dépareillées, ce qui n’était pas le cas chez Oxymore)… je retrouve donc ici avec votre revue une vraie qualité d’édition, un digne descendant de la collection Emblème!!"


Je les ai feuilletées après avoir posté le commentaire et les articles que j'ai lu ne m'ont pas fait mentir : la qualité tant du contenant que du contenu me donne du baume au coeur. J'ai lu quelques articles un peu tard et n'aurais qu'un tout petit reproche à faire au niveau de l'écriture qui est parfois un peu complexe (mais bon, j'ai lu tard, avec la fatigue, c'est pas toujours évident.) Il ressort en tout cas de ces ouvrages un grand sérieux (mais l'humour n'est pas absent!) C'est pour moi, à priori, une revue de haut niveau. D'ailleurs les critiques trouvées à droite et gauche dans la presse ne disent pas le contraire.
J'ai lu essentiellement les introductions, la rubrique Guide des contes, les poésies et quelques articles de La Gazette de Fairyland.

Les introductions m'ont permis de connaître un peu mieux les auteurs et de comprendre leur but, notamment pour le n°1, un but auquel j'adhère parfaitement : montrer la féerie autrement que par son côté lumineux. J'aime beaucoup Disney et sa mignonne Clochette mais aime tout autant Tim Burton et ses personnages sombres et gothiques.

La rubrique Guide des contes m'a également accrochée. Si, dans le tome 2 il m'a manqué un peu d'extraits des contes en eux-mêmes, le tir a été rectifié avec le tome 3; cette rubrique nous présente les contes de leur première version, souvent plus et cruelles et plus sombres, à la version plus commune que l'on raconte encore à nos enfants. La rubrique décortique également les symboles qui se trouvent dans les contes et qui faisaient, encore à l'époque de nos arrières- grands-parents je l'espère, toute leur valeur.

Les quelques poésies sur lesquelles je me suis arrêtée (lettre de Blanche-Neige au Prince et lettre du Prince à Blanche-Neige) m'ont fait pensé à Neil Gaiman, que m'avait fait découvrir Laurence, à la manière de conte détourné.

Et enfin, la Gazette de Fairyland, pleine d'humour... mais là je ne vous en dis pas plus, je crois qu'une fée est en train me tirer les oreilles...







(chuchotements:)
Hey! Psst!
Allez quand même voir le site!
Et pourquoi pas acheter la revue??

samedi 16 mai 2009

Le Chemin des sortilèges

Le Chemin des sortilèges de Nathalie Rheims aux éditions Léo Sheer.

Encore un livre assez court. Et comme toujours, Nathalie Rheims y excelle en matière de mystère.

Le personnage principal, une femme, nous raconte au temps présent la semaine qu'elle passe en compagnie d'un père qui ne l'a jamais reconnue comme sa fille. De mystère en mystère, la jeune femme se psychanalyse, remontant dans son enfance, passant des souvenirs d'un père affecteux mais effacé à ceux qu'elle a du couple étrange que formaient ses parents. De contes de fées en cauchemar, rencontrant en songe les personnes disparues, et celles jamais nées, elle finira par recouvrer la mémoire d'un traumatisme et sera enfin libérée de ses démons.

Un livre simple et rapidement lu, dans lequel on devine des renvois profonds aux contes de fées. Un roman à l'atmosphère étrange, se rapprochant beaucoup de celle de L'Ombre des autres. Avec les éternels motifs chers à Nathalie Rheims : revenants, disparus et la figure pâle d'un père affectueux que la vie a trop éloigné.

mardi 22 janvier 2008

La Mécanique du Coeur


La Mécanique du coeur de Mathias Malzieu aux éditions Flammarion


Il y a peu de temps, je me baladais en librairie quand une couverture a attirée mon regard. Première pensée: Tim Burton aurait-il écrit un roman? Après tout ce n'était pas si bête, il y a bien déjà La Triste Fin du petit Enfant Huître et Autres histoires donc... et puis une couverture comme celle-ci, noire, grise et blanche, avec des étoiles et des personnages comme des pantins. Mais ce n'était pas un Tim Burton, c'était Mathias Malzieu. Quelques temps plus tard je cédais à la tentation et achetais cette merveille.
Je ne savais pas grand chose alors. Ni que l'auteur était le chanteur du groupe Dionysos (que je ne connais que de nom d'ailleurs, mais vais aller voir ce qu'ils chantent), ni qu'Olivia Ruiz, chanteuse que j'apprécie, était mêlée à cette affaire.

Outre la couverture, l'histoire m'a fait penser à du Burton: un petit garçon, qui s'appelle... Jack (encore un!) un pays froid (l'Ecosse), une atmosphère étrange... C'était un nouveau Sleepy hollow ou un Edward aux mains d'argent... Et puis, il me semble bien avoir vu une critique de l'ouvrage dire qu'il y avait bien une ressemblance à Burton... Donc je cédais.




La Mécanique du coeur est un ouvrage plutôt universel: derrière une histoire rocambolesque, des petites leçons de vie sur l'amour et la mort, la fragilité des êtres, leur inconstance, leurs sentiments, le temps qui passe.
Pour ceux qui ne l'ont pas lu c'est l'histoire de Jack, un petit garçon au coeur défaillant. Madeleine, une vieille femme que l'on prend pour une sorcière, sage-femme des prostituées, le recueille et greffe sur son coeur une horloge. Jack va entreprendre un long voyage, l'aventure de sa vie, pour retrouver une petite chanteuse entrevue alors qu'il avait 10 ans. Leurs différences, leurs particularités vont tour à tour les rapprocher puis les éloigner.
C'est un conte et je ne trouve pas sa fin particulièrement heureuse mais plutôt très mélancolique. C'est cependant un beau conte, où le prince charmant est un petit bonhomme, peu sûr de lui, tout en fragilité et très rêveur comme le paraissent rarement les princes, les hommes. C'est un peu ce que devient, je pense, l'homme moderne, en prenant conscience de sa fragilité et de sa maladresse. Aussi en commençant à comprendre, comme le héros, que lorsqu'il s'agit d'amour, faire de son mieux n'est pas suffisant, qu'il faut d'abord comprendre l'autre en se mettant réellement à sa place, faire disparaître toute trace d'égoïsme... et que lorsqu'une catastrophe est amorcée, plus rien ne peut lui faire faire demi-tour. Ce que j'appelle l'amour absolu et qui est impossible à attraper: faire disparaître toute trace d'égoïsme, ne pas aimer pour être aimé mais simplement pour donner ("sans rien attendre en retour" si ça vous rappelle une chanson.)

" Ton coeur n'est qu'une prothèse, il est plus fragile qu'un coeur normal et ce sera toujours ainsi. Les émotions ne sont pas aussi bien filtrées par les mécanismes de l'horloge qu'elles le seraient par les tissus. Il faut vraiment que tu sois très prudent. Ce qui s'est passé en ville quand tu as vu cette petite chanteuse confirme ce que je craignais: l'amour est trop dangereux pour toi."

dimanche 30 décembre 2007

Un Visage pour l'éternité

Un Visage pour l'éternité de C.S.Lewis aux éditions Le livre de poche


Un visage pour l'éternité reprend et transforme le mythe de Psyché. Je l'ai fini hier soir. Tentée par sa couverture et par le nom de l'auteur, ainsi que par les critiques au dos du livre, je pensais lire une fin grandiose. Mais justement, seule la fin est lourde.

Je trouve le procédé original. La reine d'une société médiévale "barbare", élevée par un esclave grec, nous conte l'histoire. C'est une femme laide mais tout à fait empreinte de ce que doit être une femme, qui sait comment se comporter selon son rang de femme. Elle a écrit ce livre, en le construisant comme un procès contre les Dieux: elle y retranscrit sa vie, l'arrivée de l'esclave grec (le Renard), celle de Psyché, sa prise de pouvoir, etc. L'histoire en elle-même je ne vous en dit rien. Mais la fin se veut un peu (beaucoup?) philosophique, se basant sur les idées de sagesse de Socrate: la fantasy et le mysticisme des visions de la reine en est étouffée, la fin tombe un peu à plat.

Note positive quand même pour cet ouvrage peu connu de l'auteur des Chroniques de Narnia, qui a eu l'idée sympathique du récit d'une femme laide, sans nous faire trop ressentir de pitié mais comme si elle était une femme banale.


A la fin du livre, on trouve ce commentaire intéressant:
"[...] Cette réinterprétation d'un mythe ancien a toujours cheminé dans l'esprit de son auteur depuis qu'il était jeune étudiant, prenant consistance et densité avec les années. Ainsi pourrait-on dire qu'il a travaillé à cette oeuvre la plus grande partie de sa vie. Récemment, la version définitive se présenta d'elle-même et les thèmes s'enchaînèrent tout à coup: l'évocation directe d'un royaume barbare, la psychologie d'une femme laide, et d'un double conflit: celui qui oppose entre eux une obscure idolâtrie et un pâle rationalisme, et celui qui les oppose tous deux à la vision; et un dernier thème: la dévastation qu'une vocation, ou même une foi, entraîne dans la vie humaine."

mercredi 12 décembre 2007

Contes pour faire des rêves en bleu

Monique Chabrol est peintre-enlumineur. Je l'ai rencontré lors d'un salon du livre non loin de Clermont-Ferrand et je lui ai acheté ce livre, Contes pour faire des rêves en bleu. Ce qui m'a évidemment plu ce ne sont pas les textes, des contes et comptines plus ou moins connus, mais les dessins, la calligraphie, tout en bleu et or. Et au-delà, l'objet en lui même: des feuilles épaisses, collées. L'original, le manuscrit était sur Papier Richard de bas (bien d'ici tiens!).

Bref un ouvrage un peu cher (peu d'exemplaires, etc.) mais sympathique quand on aime l'objet livre, les contes et la calligraphie. Juste pour la beauté de l'objet et le plaisir de l'avoir.