samedi 16 mai 2009

Le Chemin des sortilèges

Le Chemin des sortilèges de Nathalie Rheims aux éditions Léo Sheer.

Encore un livre assez court. Et comme toujours, Nathalie Rheims y excelle en matière de mystère.

Le personnage principal, une femme, nous raconte au temps présent la semaine qu'elle passe en compagnie d'un père qui ne l'a jamais reconnue comme sa fille. De mystère en mystère, la jeune femme se psychanalyse, remontant dans son enfance, passant des souvenirs d'un père affecteux mais effacé à ceux qu'elle a du couple étrange que formaient ses parents. De contes de fées en cauchemar, rencontrant en songe les personnes disparues, et celles jamais nées, elle finira par recouvrer la mémoire d'un traumatisme et sera enfin libérée de ses démons.

Un livre simple et rapidement lu, dans lequel on devine des renvois profonds aux contes de fées. Un roman à l'atmosphère étrange, se rapprochant beaucoup de celle de L'Ombre des autres. Avec les éternels motifs chers à Nathalie Rheims : revenants, disparus et la figure pâle d'un père affectueux que la vie a trop éloigné.

mercredi 22 avril 2009

Le Vampire de Ropraz

Le Vampire de Ropraz de Jacques Chessex chez Grasset

En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au cœur de l'hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu'on a surpris à l'étable. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915.

Ce livre, relativement court, part d'un fait réel. On y trouve une ambiance plus dans le genre policière que réellement fantastique, si ce n'est la peur des habitants face à cette menace, à cette soif de sang si hors-normes. Cet ouvrage n'est pas un indispensable mais donne aux passionnés de vampires, une autre vision du mythe à la fois plus cruelle là où Dracula a quelque chose de romantique et à la fois plus réelle et donc effrayante.

lundi 30 mars 2009

Est-ce ainsi que les femmes meurent?

Est-ce ainsi que les femmes meurent? de Didier Decoin chez Grasset.


Mars 1964. Queens, New-York. Une jeune femme, Kitty Genovese, est sauvagement assassinée devant chez elle. Malgré l'heure tardive, les témoins sont nombreux. Tous n'ont pas vu mais beaucoup ont au moins entendu. Les cris. Et pas un, durant la demi-heure d'acharnement du meurtrier, pas un n'a porté secours à la jeune femme.


Ce fait divers, réel, et le procés qui s'en suivit, ont marqué l'Amérique comme une profonde cicatrice. Le syndrome Kitty Genovese : plus il y a de personnes et plus la responsabilité d'agir pour aider est diffuse, reportée sur les autres.
L'horreur de ce crime réside aussi bien dans la personnalité du meurtrier, nécrophile et semblant détaché de tout, usant aussi bien d'arme à feu que d'arme blanche, que dans le contraste entre la joie de vivre de sa victime et la froideur de son bourreau, que dans la lâcheté des voisins.


Didier Decoin a fait de cette affaire un roman. Roman documenté où l'horreur est bien réelle, dosée avec justesse, rien n'est ajouté (c'est assez affreux comme ça, effectivement.) Un roman, tout à fait crédible dont le seul défaut est peut-être de faire oublier un peu les voisins : le monstre est tellement abject de froideur face à ses actes, qu'à l'instar des avocats de l'accusation, l'accent est mis sur lui et efface quelque peu les voisins qui n'ont même pas appelé la police alors que c'est justement leur lâcheté qui a fait de cette affaire autre chose qu'un fait divers.

vendredi 27 mars 2009

RoBERT des non-dits

RoBERT des non-dits de Mathieu Saladin aux Editions [MiC_MaC].







RoBERT, c'est celle que l'on compare trop souvent à Mylène Farmer. Si ce n'est une certaine noirceur, elles ne sont pas si semblables.
RoBERT, pseudo atypique pour chanteuse atypique.
RoBERT, c'est Plectrude du Robert des noms propres d'Amélie Nothomb.

Mathieu Saladin c'est son mari. Son compositeur. Et son biographe à présent.


L'ouvrage est magnifique. La plume simple va à l'essentiel. Les photos, inédites, sont belles. Les matériaux utilisés (papier, encre...) de bonne qualité. Le format est un peu grand.

L'histoire, celle des quinze ans de carrière de la chanteuse de Princesse de Rien. Une histoire qui nous éclaire sur ses albums : inspirations diverses, venue de la dure réalité, de la difficulté à "percer", des amitiés déçues, des drames familiaux... et puis faire naître du bon comme du moins bon, une vraie poésie.


Verdict : je recommande, bien sûr!