mercredi 22 avril 2009

Le Vampire de Ropraz

Le Vampire de Ropraz de Jacques Chessex chez Grasset

En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au cœur de l'hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu'on a surpris à l'étable. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915.

Ce livre, relativement court, part d'un fait réel. On y trouve une ambiance plus dans le genre policière que réellement fantastique, si ce n'est la peur des habitants face à cette menace, à cette soif de sang si hors-normes. Cet ouvrage n'est pas un indispensable mais donne aux passionnés de vampires, une autre vision du mythe à la fois plus cruelle là où Dracula a quelque chose de romantique et à la fois plus réelle et donc effrayante.

lundi 30 mars 2009

Est-ce ainsi que les femmes meurent?

Est-ce ainsi que les femmes meurent? de Didier Decoin chez Grasset.


Mars 1964. Queens, New-York. Une jeune femme, Kitty Genovese, est sauvagement assassinée devant chez elle. Malgré l'heure tardive, les témoins sont nombreux. Tous n'ont pas vu mais beaucoup ont au moins entendu. Les cris. Et pas un, durant la demi-heure d'acharnement du meurtrier, pas un n'a porté secours à la jeune femme.


Ce fait divers, réel, et le procés qui s'en suivit, ont marqué l'Amérique comme une profonde cicatrice. Le syndrome Kitty Genovese : plus il y a de personnes et plus la responsabilité d'agir pour aider est diffuse, reportée sur les autres.
L'horreur de ce crime réside aussi bien dans la personnalité du meurtrier, nécrophile et semblant détaché de tout, usant aussi bien d'arme à feu que d'arme blanche, que dans le contraste entre la joie de vivre de sa victime et la froideur de son bourreau, que dans la lâcheté des voisins.


Didier Decoin a fait de cette affaire un roman. Roman documenté où l'horreur est bien réelle, dosée avec justesse, rien n'est ajouté (c'est assez affreux comme ça, effectivement.) Un roman, tout à fait crédible dont le seul défaut est peut-être de faire oublier un peu les voisins : le monstre est tellement abject de froideur face à ses actes, qu'à l'instar des avocats de l'accusation, l'accent est mis sur lui et efface quelque peu les voisins qui n'ont même pas appelé la police alors que c'est justement leur lâcheté qui a fait de cette affaire autre chose qu'un fait divers.

vendredi 27 mars 2009

RoBERT des non-dits

RoBERT des non-dits de Mathieu Saladin aux Editions [MiC_MaC].







RoBERT, c'est celle que l'on compare trop souvent à Mylène Farmer. Si ce n'est une certaine noirceur, elles ne sont pas si semblables.
RoBERT, pseudo atypique pour chanteuse atypique.
RoBERT, c'est Plectrude du Robert des noms propres d'Amélie Nothomb.

Mathieu Saladin c'est son mari. Son compositeur. Et son biographe à présent.


L'ouvrage est magnifique. La plume simple va à l'essentiel. Les photos, inédites, sont belles. Les matériaux utilisés (papier, encre...) de bonne qualité. Le format est un peu grand.

L'histoire, celle des quinze ans de carrière de la chanteuse de Princesse de Rien. Une histoire qui nous éclaire sur ses albums : inspirations diverses, venue de la dure réalité, de la difficulté à "percer", des amitiés déçues, des drames familiaux... et puis faire naître du bon comme du moins bon, une vraie poésie.


Verdict : je recommande, bien sûr!

jeudi 5 février 2009

La Sagesse des mythes

La Sagesse des mythes de Luc Ferry chez Plon.



livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com



Luc Ferry, philosophe français, ancien professeur de philosophie et ancien ministre de l'éducation est une personnalité que j'apprécie, pour sa manière de parler. Ce livre, deuxième tome de Apprendre à vivre, est écrit tout à fait sincèrement si on peut dire cela. En effet, l'auteur parle "comme il écrit", c'est à dire un très bon français (on en doutait pas) mais, même si les mots employés ne sont pas les plus simples, la manière de dire les choses nous permet de tout comprendre.
Je n'ai pas lu Apprendre à vivre et je ne suis qu'au troisième chapitre de la Sagesse des mythes... mais, même si ce n'est pas le genre de livre que j'aime (lire des essais est quelque chose de très difficile pour moi et donc je met aussi très longtemps), c'est cependant un livre plaisant.
Pour résumer, Luc Ferry tente de nous apprendre - ou de nous expliquer - comment la mythologie (grecque et romaine) constitue une préhistoire de la philosophie. Dit autrement, les mythes - dont l'ensemble forme la mythologie que l'on connaît bien, avec Zeus et les autres - tentent de répondre à la question de la place de l'Homme sur Terre... question philosophique entre toute. Et d'ailleurs, la philosophie, créée après ces mythes, découlerait de la mythologie. Tout ceci est difficile à résumer pour moi qui ne suis pas philosophe; il vous faudra donc lire le livre;-)


Pour vous donner un aperçu plus concret de ce qui est dans ce livre :
Luc Ferry, comme il nous l'explique dans son avant-propos (de 40 pages soit dit en passant!) va tutoyer son lecteur parce que le livre n'est pas destiné qu'aux seuls adultes mais aussi aux enfants (certains passages restant pour les adultes de par leur difficulté).
Donc l'auteur va reprendre la mythologie aux commencements. Nous connaissons bien Zeus, Hercule et autres héros mythiques... Mais si nous connaissons beaucoup de la mythologie, pour ma part en tout cas, je ne connaissais pas les débuts : la naissance du monde à partir du chaos puis les premiers dieux, puis les Olympiens (génération de Zeus), etc. Tout ça nous est expliqué, ainsi que quelques autres mythes importants.
Tout ça ne vous paraît sûrement pas très clair. Mais si vous vous intéressez à la philo ou à la mythologie, alors vous pouvez lire ce livre. Je rappelle que je suis en pleine lecture mais je dirais déjà que c'est un bon livre.